L'Iran revendique un bilan exemplaire en matière de droits de l'homme en prévision de l'examen de l'ONU de vendredi

En prévision de l’examen obligatoire de son bilan en matière de droits de l’Homme par l’ONU, le vendredi 8 novembre, la République islamique d’Iran a présenté un rapport prétendant que son bilan était exemplaire. Voici quelques-unes des affirmations les plus absurdes de l’Iran, en contraste avec la réalité.

 

Au sujet des Baha’is

re allégation de l’Iran à l’ONU : « Les droits de tous les citoyens iraniens − y compris ceux des adeptes de la secte baha’ie −, sont respectés. (…)Tous les Iraniens jouissent de tous les droits liés à la citoyenneté. Le baha’isme est essentiellement une secte politique et non religieuse. La situation des baha’is en Iran renseigne sur la garantie et le respect de leurs droits fondamentaux en tant que citoyens iraniens ».

En réalité : Selon les conclusions du Rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran, les baha’is « ont subi les pires formes de répression, de persécution et de victimisation ». Au cours des 40 dernières années, plus de 200 baha’is ont été exécutés en toute impunité sur la seule base de leurs croyances religieuses.

 

Au sujet des droits de la femme

2ème allégation de l’Iran à l’ONU: « La République islamique d’Iran œuvre en faveur des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques des femmes, en faisant un élément central de l’action des pouvoirs publics, du travail législatif et de la planification ».

En réalité : Selon le rapport d’Août 2019 du Secrétaire Général des Nations Unies, les femmes en Iran sont constamment confrontées à la répression et à la discrimination. Comme en témoignent les centaines de témoignages vidéo iraniens partagés par la journaliste Masih Alinejad, les femmes qui s’opposent au port obligatoire du voile sont régulièrement harcelées et arrêtées par les autorités. Le Global Gender Gap report de 2018  a classé l’Iran au 142e rang sur 149 pays en terme d’égalité des sexes.

 

Au sujet de la liberté d’expression

3ème allégation de l’Iran à l’ONU: « En application de l’article 24 de la Constitution qui reconnaît le droit à la liberté d’expression, le législateur a prévu, à l’article 608 du Code pénal islamique, de ne sanctionner que les personnes qui abusent de la liberté d’expression pour insulter autrui ».

En réalité : Selon un rapport de l’ONU, les journalistes, les écrivains et les médias font régulièrement l’objet d’arrestations, de détentions et de harcèlements arbitraires. En 2018, au moins 28 journalistes ont été arrêtés. L’Iran est classé par le Comité pour la protection des journalistes comme l’un des pays « les plus censurés » du monde.

 

Au sujet de la démocratie et des élections libres

4ème allégation de l’Iran à l’ONU: « En Iran, les principales institutions de gouvernance émanent de la volonté et du vote direct ou indirect du peuple ».

En réalité : Freedom House donne à l’Iran l’une des notes les plus basses en matière de droits politiques et civils. L’Iran donne l’impression de tenir des élections régulières, mais le système est fixé à l’avance. Le Conseil des gardiens de la Constitution, contrôlé par des conservateurs purs et durs et, en fin de compte, par le chef suprême, contrôle tous les candidats au Parlement, à la présidence et à l’Assemblée des experts. Le Conseil rejette les candidats qui ne sont pas considérés comme des initiés ou qui ne sont pas jugés pleinement loyaux envers le clergé, ainsi que les femmes qui cherchent à se présenter à l’élection présidentielle. En conséquence, les électeurs iraniens ne peuvent tout au plus choisir qu’entre les candidats approuvés par le régime. Le pouvoir ultime est entre les mains du chef suprême et des institutions non élues qu’il contrôle.

 

Au sujet de la torture

5ème allégation de l’Iran à l’ONU: « Le recours aux mauvais traitements, à la torture, à la menace et à la contrainte au cours des interrogatoires et des enquêtes est interdit et passible de sanctions ».

En réalité: Il est avéré que le régime iranien pratique la torture. Selon le rapport 2019 du Rapporteur Spécial de l’ONU en Iran « la torture et d’autres mauvais traitements seraient couramment pratiqués afin d’obtenir des aveux au stade de l’enquête ». D’après un rapport d’Amnesty de 2018, les autorités iraniennes ont recours aux arrestations arbitraires et détiennent des milliers d’individus. Des centaines d’entre eux sont envoyés en prison où, après des procès inéquitables, ils purgent de longues peines. La torture est très répandue et infligée en toute impunité. L’Etat iranien a recours au fouet, aux amputations et à toute autre forme de traitements punitifs cruels, dégradants et inhumains.

UN Watch