Les racistes de l’ONU n’ont pas leur place dans le débat d’urgence sur le racisme et la brutalité policière

 

Genève, le 17 juin – Les régimes racistes et oppressifs devraient se récuser du débat d’urgence du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies sur le racisme et les brutalités policières qui a lieu aujourd’hui, déclare UN Watch, un groupe de défense des droits de l’homme basé en Suisse qui suit les activités des Nations Unies.

Dans son témoignage devant le Conseil hier (voir ci-dessous), UN Watch a adressé son appel à des membres du conseil tels que la Mauritanie, qui compte jusqu’à 500 000 esclaves noirs, la Libye, où  un million de migrants africains sont traités comme des esclaves virtuels, et le Venezuela, qui tue des manifestants et est accusé de crimes contre l’humanité.

Parmi les autres membres du Conseil des droits de l’Homme ayant des antécédents de racisme ou de brutalité policière flagrants et qui ont approuvé le débat d’urgence d’aujourd’hui, citons le Burkina Faso (qui a ouvert la session au nom des États africains), le Bangladesh, le Cameroun, la République Démocratique du Congo, le Pakistan, la Somalie, l’Érythrée, le Soudan et le Qatar.

La Russie, Cuba, l’Arabie Saoudite et la Chine devraient être élus membres du Conseil en octobre.

La Chine a récemment présidé le processus de sélection du prochain expert des Nations Unies sur la liberté d’expression, qui sera nommé en juillet.

Ci-dessous, le témoignage Hillel Neuer, Directeur Général de UN Watch, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 16 juin 2020

Je vous remercie, Madame la Présidente.

Dans les archives du révérend Martin Luther King, on trouve un télégramme de mars 1965, qui lui avait été envoyé à Selma, en Alabama, par son ami et collègue défenseur des droits civils Morris Abram, notre fondateur, quelques jours après le Bloody Sunday. Morris Abram y condamnait la “démonstration honteuse de brutalité” des policiers lors des manifestations pacifiques, et y exprimait sa solidarité avec la “grande cause” de la justice et de l’égalité.

Malheureusement, un demi-siècle plus tard, UN Watch doit à nouveau condamner la démonstration infâme de la brutalité des policiers, dans le meurtre de George Floyd. Nous continuons à lutter sans équivoque contre le racisme et les brutalités policières.

Dans l’esprit de Morris Abram, qui a servi aux Nations Unies et a rédigé la Convention de 1964 sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, UN Watch a été une voix prépondérante au sein de ce Conseil des droits de l’homme, luttant contre la discrimination dans le monde entier.

Lorsqu’il y a eu un génocide au Darfour, UN Watch a organisé le Sommet mondial des activistes, qui s’est tenu ici en 2007.

Et chaque année, nous faisons campagne contre l’élection à ce Conseil de régimes racistes et violents. Trop souvent, cependant, à cause d’accords politiques conclus en coulisses, ces derniers l’emportent. Les accusés deviennent les juges.

Si nous voulons honorer la mémoire de George Floyd, le débat d’urgence de demain sur le racisme et les brutalités policières doit être sérieux et crédible, et ne pas devenir une farce.

En conséquence, nous proposons que les membres du Conseil qui pratiquent le racisme systématique ou la brutalité policière s’abstiennent de participer, qu’ils se récusent.

Nous demandons à la Mauritanie : étant donné que vous avez environ 500 000 esclaves noirs, CNN qualifiant la Mauritanie de “dernier bastion de l’esclavage“, votre pays va-t-il se récuser de ce débat d’urgence sur le racisme à l’égard des noirs ?

Nous demandons à la Libye : étant donné que votre pays soumet jusqu’à un million de migrants africains à un esclavage virtuel, pris au piège dans un cycle terrifiant d’extorsion, d’emprisonnement, de travail forcé et de prostitution, la Libye se récusera-t-elle ?

Nous demandons à l’Erythrée : étant donné que votre pays a été condamné par ce Conseil pour “des violations systématiques, généralisées et flagrantes des droits de l’homme”, y compris la détention arbitraire et la torture, l’Erythrée se récusera-t-elle ?

Nous demandons au Cameroun : étant donné que votre pays interdit systématiquement les manifestations pacifiques, écrase les protestations de la population anglophone et a commis des atrocités, notamment des massacres de civils, des viols et des incendies de villages, le Cameroun va-t-il se récuser ?

Nous demandons à la République Démocratique du Congo : outre le fait d’être connue comme “la capitale mondiale du viol”, étant donné que votre police a tué 55 personnes il y a tout juste 2 mois, dans le cadre d’une répression coordonnée contre une secte religieuse, la RDC se récusera-t-elle ?

Nous demandons au Venezuela : étant donné qu’en seulement 5 jours l’année dernière, vos forces ont tué 47 manifestants et détenu arbitrairement 900 personnes, le gouvernement Maduro va-t-il se récuser ?

Madame la Présidente,

Quand les Nations Unies cesseront-elles d’élire des racistes et des oppresseurs pour être juges en matière de droits de l’Homme ?

Je vous remercie.