GENÈVE, 3 mai 2016 – A J-1 de la soumission du Soudan à l’examen obligatoire par l’ONU pour faire son bilan en matière des droits de l’homme, une ONG a publié un rapport contestant ce qu’elle appelle des «contre-vérités, des déformations et des omissions flagrantes” dans la présentation du Soudan devant l’organisme mondial, et a exprimé la préoccupation que la majorité des Etats membres utiliseront demain leurs temps de parole pour louer le régime du président Omar el-Béchir, plutôt que de remplir leur devoir, qui est d’examiner les lois et les pratiques du Soudan, lesquelles vont à l’encontre des normes universelles.

En 2011, lors du précédent examen de la situation au Soudan par les Nations Unies, de nombreux pays avaient pris la parole pour louer le régime, notamment la Syrie qui avait affirmé que Khartoum “respectait les obligations internationales de protection des droits fondamentaux de l’homme”, au moment où Al-Bashir était inculpé par la Cour pénale internationale pour génocide.

Les hauts responsables soudanais devraient présenter leur dossier demain devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève, dans un processus connu sous le nom d’examen périodique universel (EPU). Les pays peuvent prendre la parole pour poser des questions brèves.

Une Société de Louanges Réciproques

“Sur la base de ce que nous avons vu auparavant, il existe une crainte réelle que demain, les alliés politiques du Soudan abusent du processus pour louer le régime”, a déclaré Hillel Neuer, directeur exécutif de l’ONG UN Watch, basée à Genève.

“Malheureusement, la majorité des pays qui siègent à cette haute instance des droits de l’homme de l’ONU agissent généralement pour miner un système conçu pour que les pays rendent des comptes, en faisant des interventions – beaucoup d’entre elles identiques, et clairement sur la base des points de discussion distribués à l’avance – qui encensent et qui couvrent l’Etat membre en cours d’examen”, a déclaré Hillel Neuer.

L’étude approfondie par UN Watch du processus de l’EPU montre que la majorité des États abusent de leurs interventions afin de bloquer un véritable contrôle des violations des droits de l’homme. Lorsque les contrevenants comme le régime al-Béchir se voient accorder l’impunité, les victimes sont abandonnées”, a déclaré Hillel Neuer.

“Nous appelons les Etats-Unis et l’UE à condamner demain tous les pays qui encensent faussement, légitiment ou qui encouragent des politiques et des pratiques qui violent gravement les droits humains des soudanais”, a déclaré Hillel Neuer.

En 2013, UN Watch a constaté que 82 des 95 pays qui se sont exprimés au cours de l’EPU de l’Arabie saoudite ont fait l’éloge de la théocratie répressive.

Imposture dans la communication du Soudan

Le rapport de UN Watch documente l’imposture du Soudan lorsqu’il prétend «prendre des mesures pour protéger et préserver les femmes, et leur accorder des droits égaux à ceux des hommes dans de nombreux domaines de la vie, sans discrimination.”

En vérité, les femmes soudanaises sont continuellement soumises à la persécution, la violence et la discrimination. La Fédération internationale des droits de l’homme, ainsi que plusieurs autres ONG, ont observé «qu’il n’y a pas de loi criminalisant explicitement la pratique des mutilations génitales féminines» ,et qu’il n’y a pas de concept juridique de viol conjugal.

En outre, le rapport du Soudan affirme que le gouvernement travaille à préserver «le pluralisme et la diversité qui caractérisent l’expression culturelle dans le pays.» Pourtant, la réalité est que les minorités religieuses et ethniques sont systématiquement persécutées, et les minorités religieuses non musulmanes sont soumises de force à la charia.

Pour une analyse plus complète de la falsification par le Soudan de son bilan des droits de l’homme, voir le rapport complet de UN Watch ici.

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unwatch

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